Au commencement était le blanc… Comme
la toile blanche… Comme la lumière originelle...
La lumière, semence divine qui frôle
de son aile une humanité égarée, en état de somnolence, ignorante du miracle
que déjà, nous, spectateurs, nous discernons tandis que tous les mystères
inhérents à notre nature s’engouffrent dans l’obscurité.
Peu à peu, dépouillant ses
personnages de leurs oripeaux, l’artiste interrogea les masques : ceux que nous
choisissons de porter, ceux que d’autres posent sur nous, celui de chair aussi,
toujours en devenir, dont nous héritons à la naissance, étrange et
étranger reflet dans nos miroirs...
Dans l’œuvre en mouvement, l’homme
entre en contact avec le Sacré, élevant ses racines vers le ciel pour enfin
devenir ce magicien vivant dans le miracle, jouant avec la lumière apprivoisée.
Les tableaux de Jeanbernard Tessier nous parlent de nous, de nos
aspirations, de nos illusions et de nos peurs....Minutieusement il explore les profondes
mutations des états d’esprits qu’engendrent les bouleversements scientifiques,
technologiques et politiques de notre monde contemporain.
Bien que les références ne manquent pas, elles ne suffisent
pas à définir cette oeuvre en évolution. Coller une étiquette sur ce travail
aux multiples facettes serait réduire le poids du sens qu’il renferme car nous
ne nous trouvons pas face à une simple association d’images mais à un monde cohérent
qui nous happe par sa lucidité, son application à décrire nos zones d’ombres
tout comme notre part divine.
Servi par une technique éprouvée, chaque tableau peint à
l’huile sur toile selon des procédés ancestraux est une fenêtre sur l’âme
humaine.
Cette œuvre nous rappelle que nous n’en avons pas fini avec
notre quête intérieure.